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	<title>Centrale-&#201;nergies</title>
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	<description>Centrale-Energies est un Groupe Professionnel inter-associations des anciens &#233;l&#232;ves des &#233;coles Centrale (les Alumni), cr&#233;&#233; en 2006 &#224; l'initiative de la Conf&#233;d&#233;ration des Associations Centraliennes et de CentraleSup&#233;lec (CACCS ). Centrale Energies r&#233;unit les Alumni des Ecoles Centrales et, au-del&#224;, toutes les personnes int&#233;ress&#233;es par les &#233;volutions du secteur de l'Energie.
L'objet de Centrale Energies est d'&#233;clairer le d&#233;bat public et d'informer, de mani&#232;re objective, neutre, et apolitique sur les enjeux scientifiques, technologiques, &#233;conomiques, soci&#233;taux et environnementaux dans le domaine de l'&#233;nergie, dans le contexte de la lutte contre le d&#233;r&#232;glement climatique et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, de r&#233;duction de l'impact des activit&#233;s humaines sur l'environnement.</description>
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		<title>Centrale-&#201;nergies</title>
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		<title>Hydrog&#232;ne : quel hydrog&#232;ne, et pour quels usages ?</title>
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		<dc:date>2021-05-01T12:24:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Wiltz, Romain Provost de la Fardini&#232;re (ECL 81)</dc:creator>


		<dc:subject>Vecteurs et stockage d'&#233;nergie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Conf&#233;rence du 10 f&#233;vrier 2021 organis&#233; en partenariat avec EVOLEN&lt;br class='autobr' /&gt;
Point de vue de deux experts, d&#233;cryptage !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://centrale-energie.fr/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://centrale-energie.fr/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;Vecteurs et stockage d'&#233;nergie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://centrale-energie.fr/IMG/logo/arton364.png?1768602380' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A propos du &lt;a href=&#034;http://www.centrale-energie.fr/spip/spip.php?article353&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;colloque du 10 f&#233;vrier 2021&lt;/a&gt; organis&#233; en partenariat avec EVOLEN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de vue de deux experts, le Professeur &lt;strong&gt;G&#233;rard Bonhomme&lt;/strong&gt; et M. &lt;strong&gt;C&#233;dric Philibert&lt;/strong&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;cryptage, par Romain Provost de La Fardini&#232;re et par Bruno Wiltz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La science ne cr&#233;e pas l'&#233;v&#233;nement, l'&#233;v&#232;nement cr&#233;e la science &#187; (Michel de Montaigne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons assist&#233; &#224; un &#233;change passionnant, mais aussi passionn&#233;, comme les experts fran&#231;ais savent nous en r&#233;server. Le d&#233;bat entre le savant, le scientifique, le professeur G&#233;rard Bonhomme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. G&#233;rard Bonhomme est professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'Universit&#233; de Lorraine, &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;., et le sachant, l'&#233;conomiste C&#233;dric Philibert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. C&#233;dric Philibert est consultant ind&#233;pendant, expert et analyste senior (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), a montr&#233; une fois de plus que d&#232;s que l'on parle de transition &#233;nerg&#233;tique, on touche &#224; un sujet sensible. Pourtant, l'hydrog&#232;ne semblait faire consensus ; les intervenants &#233;taient d'accord sur l'essentiel, sur les objectifs de d&#233;carbonation, et presque d'accord sur le r&#244;le de l'hydrog&#232;ne dans la transition &#233;nerg&#233;tique, limit&#233; &#224; des usages pertinents qui ne peuvent &#234;tre d&#233;carbon&#233;s autrement ; mais l&#224; o&#249; le b&#226;t blesse, c'est sur la ressource pour produire l'hydrog&#232;ne d&#233;carbon&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat, riche en controverses, a abord&#233; une multitude de concepts autour de l'hydrog&#232;ne, de sa production, des ressources &#233;nerg&#233;tiques, des technologies et des usages ; &#224; chacun de se faire sa propre opinion !&lt;br class='autobr' /&gt;
La Fontaine avait-il raison : on ne gagnerait pas &#224; aller trop vite ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Usages industriels de l'hydrog&#232;ne dans nos &#233;conomies contemporaines : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'hydrog&#232;ne est avant tout un gaz industriel complexe, dont la production est polluante, et la manipulation dangereuse. Comme pour toutes les &#233;nergies, c'est un domaine r&#233;serv&#233; &#224; des entreprises sp&#233;cialis&#233;es. La production mondiale annuelle est de l'ordre de 70 millions de tonnes pour de l'hydrog&#232;ne pur, essentiellement pour des usages industriels : le raffinage (40 Mt) pour r&#233;duire la teneur en soufre des hydrocarbures, et la p&#233;trochimie (30 Mt) pour fabriquer de l'ammoniac, qui sert aux engrais azot&#233;s, &#224; la fabrication d'explosifs ou de r&#233;frig&#233;rants, et pour fabriquer du m&#233;thanol. On utilise aussi l'hydrog&#232;ne dans la sid&#233;rurgie, et dans une moindre mesure pour son pouvoir &#233;nerg&#233;tique dans d'autres industries lourdes. Il est produit presqu'exclusivement par vaporeformage du m&#233;thane (extraction de la mol&#233;cule d'hydrog&#232;ne du gaz naturel CH4), qui consomme 2% de la production annuelle de m&#233;thane, ou par gaz&#233;ification du charbon (6% de la production annuelle du charbon). Ces proc&#233;d&#233;s utilisent l'oxyg&#232;ne de l'air pour la combustion, et g&#233;n&#232;rent de grandes quantit&#233;s de C02, respectivement 10t et 20t de CO2 par tonne d'H2 produite, ce qui conduit &#224; un total de 820 Millions t de CO2 par an, ou 2 &#224; 3% des &#233;missions mondiales de CO2, autant que l'aviation ou le transport maritime.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi l'hydrog&#232;ne comme composante de la transition &#233;nerg&#233;tique ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout pour ses capacit&#233;s physico-chimiques, et comme vecteur &#233;nerg&#233;tique, beaucoup plus que pour son pouvoir &#233;nerg&#233;tique, que l'hydrog&#232;ne fait son entr&#233;e dans la transition &#233;nerg&#233;tique pour d&#233;carboner des pans entiers de notre &#233;conomie, et pour atteindre la neutralit&#233; carbone en 2050.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son utilisation ne fait sens que si l'hydrog&#232;ne est &#171; renouvelable &#187;, c'est-&#224;-dire qu'il est produit &#224; partir d'&#233;lectrolyse de l'eau, qui ne g&#233;n&#232;re pas de carbone. Mais il faut beaucoup d'&#233;nergie &#233;lectrique, environ 50 kWh d'&#233;lectricit&#233; pour produire 1 kg d'hydrog&#232;ne par &#233;lectrolyse, et l'&#233;lectricit&#233; consomm&#233;e devra elle-m&#234;me &#234;tre d&#233;carbon&#233;e, d'origine renouvelable ou bas-carbone. Il faut aussi retenir qu'un kg d'hydrog&#232;ne a un pouvoir &#233;nerg&#233;tique de 33 kWh, &#233;quivalent &#224; 3 litres de p&#233;trole. A volume &#233;gal, l'hydrog&#232;ne comme les gaz combustibles, permet de stocker 70 &#224; 230 fois plus d'&#233;nergie que l'eau des barrages, ou que l'air comprim&#233; en cavit&#233; souterraine. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'hydrog&#232;ne &#233;lectrolytique sera donc utilis&#233; prioritairement pour d&#233;carboner l'industrie en se substituant &#224; l'hydrog&#232;ne carbon&#233;, puis pour transformer l'&#233;lectricit&#233; en gaz, que l'on peut stocker, &#224; la diff&#233;rence de l'&#233;lectricit&#233; ; il servira aussi &#224; faciliter l'int&#233;gration des renouvelables aux r&#233;seaux &#233;lectriques, et &#224; assurer les lissages de charge inter-saisonniers. Dans sa dimension chimique, c'est la mol&#233;cule d'hydrog&#232;ne qui participera &#224; la constitution de e-fuels ou de mol&#233;cules de synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Hydrog&#232;ne renouvelable versus &#233;lectricit&#233; renouvelable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un premier paradoxe soulev&#233; par C&#233;dric Philibert est que l'hydrog&#232;ne, produit lui-m&#234;me &#224; partir de renouvelables, ne peut se substituer aux renouvelables pour un grand nombre d'usages. L'hydrog&#232;ne ne fera pas tout, et ne permettra pas de d&#233;carboner le mix &#233;nerg&#233;tique mondial ; la solution est dans l'&#233;lectrification renouvelable massive, et l'hydrog&#232;ne ne sera qu'un appoint l&#224; o&#249; l'&#233;lectrification ne suffira pas. &#192; la diff&#233;rence de la production d'&#233;lectricit&#233; &#224; partir de fossiles, qui engendre des pertes &#233;nerg&#233;tiques de l'ordre de 60%, l'&#233;lectricit&#233; renouvelable, produite &#224; partir de l'hydraulique, du solaire, ou du vent, ne g&#233;n&#232;re quasiment pas de perte ; elle a donc l'avantage d'&#234;tre &#224; la fois &#233;nergie primaire et &#233;nergie finale, et offrira des rendements tr&#232;s sup&#233;rieurs aux &#233;nergies fossiles, par exemple pour les pompes &#224; chaleur ou les moteurs &#233;lectriques, dans le b&#226;timent comme dans la mobilit&#233;. L'&#233;lectricit&#233; renouvelable est aussi devenue plus comp&#233;titive que la plupart des autres formes d'&#233;nergie du fait de la baisse des co&#251;ts observ&#233;s r&#233;cemment dans le solaire ou l'&#233;olien terrestre &#224; diff&#233;rents endroits de la plan&#232;te (on atteint 30$ le MWh solaire) ; il n'y a donc pas lieu de passer par l'hydrog&#232;ne, complexe et co&#251;teux, pour le chauffage urbain, la mobilit&#233; l&#233;g&#232;re, et m&#234;me la mobilit&#233; routi&#232;re lourde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le potentiel d'&#233;nergies renouvelables est-il un frein pour produire de l'hydrog&#232;ne d&#233;carbon&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour le professeur G&#233;rard Bonhomme, la limitation vient surtout de notre incapacit&#233; &#224; produire suffisamment de renouvelables pour fabriquer les quantit&#233;s ph&#233;nom&#233;nales d'hydrog&#232;ne requises par la transition &#233;nerg&#233;tique ; la consommation mondiale d'&#233;nergie est de l'ordre de 10 milliards de TEP, dont 82% d'origine fossile ; il faudrait un &#233;quivalent de 2,72milliards de tonnes d'hydrog&#232;ne pour remplacer les fossiles, inconcevable ! Et si l'on souhaite d&#233;carboner 20% de la consommation finale d'&#233;nergie gr&#226;ce &#224; l'hydrog&#232;ne &#224; l'horizon 2050, comme cela est inscrit dans les programmations &#233;nerg&#233;tiques europ&#233;ennes, il faudra au minimum doubler la puissance &#233;lectrique install&#233;e actuelle, voire beaucoup plus, ce qui est totalement illusoire &#224; partir des seuls renouvelables. Rien que pour la France, il faudrait 30 TWh de production d'&#233;lectricit&#233; pour produire les 630.000 t d'H2 inscrits dans la PPE pour 2028, ou 500 TWh pour obtenir 20% d'&#233;nergie finale par l'hydrog&#232;ne en 2050 (objectif SNBC), soit plus du double de la production fran&#231;aise d'aujourd'hui, inabordable par les seules productions renouvelables en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour C&#233;dric Philibert, les capacit&#233;s de renouvelables sont au contraire tr&#232;s importantes dans le monde, et il n'y a pas de limite au potentiel mondial d'&#233;nergies renouvelables. Il y ajoute en support la production d'Hydrog&#232;ne &#171; bleu &#187;, obtenu par vaporeformage de m&#233;thane combin&#233; &#224; des techniques de captage et de s&#233;questration de CO2 (CCS), proc&#233;d&#233; auquel il pr&#233;f&#232;re l'hydrog&#232;ne &#171; turquoise &#187; qui g&#233;n&#232;re du carbone solide et non du CO2. Le carbone solide peut se vendre, il int&#233;resse l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impact des intermittences sur le co&#251;t de la production &#233;lectrolytique d'hydrog&#232;ne :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#234;mes raisons que celles &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment, le professeur Bonhomme ne croit pas plus au concept du tout &#233;lectrique d'origine renouvelable. S'il est exact que les renouvelables pr&#233;sentent de tr&#232;s bons rendements, cet avantage est vite effac&#233; par des facteurs de charge d&#233;plorables : de l'ordre de 12% pour le photovolta&#239;que, de 22% pour l'&#233;olien terrestre, et pouvant aller jusqu'&#224; 45% pour l'&#233;olien en mer. On est tr&#232;s loin des centrales pilotables ! Le co&#251;t cach&#233; des intermittences est tr&#232;s &#233;lev&#233;, il faut cr&#233;er des infrastructures de stockage et des infrastructures de secours (&#171; back up &#187;) qui font perdre leur comp&#233;titivit&#233; aux renouvelables. Il faudra aussi surdimensionner les &#233;lectrolyseurs pour r&#233;pondre aux p&#233;riodes de pleine charge, et il y aura un fort impact sur les co&#251;ts d'investissement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;dric Philibert r&#233;torque que les co&#251;ts induits par les intermittences sont d&#233;j&#224; inclus dans les courbes de co&#251;ts de l'hydrog&#232;ne d&#233;carbon&#233;, et que c'est un mythe de vouloir faire tourner les &#233;lectrolyseurs &#224; pleine charge, soit 8000 heures par an pour &#234;tre comp&#233;titif et amortir plus rapidement les co&#251;ts des investissements ; il convient aussi de prendre en compte le co&#251;t de l'&#233;lectricit&#233; consomm&#233;e, lequel est p&#233;nalis&#233; &#224; pleine charge par la tarification qui s'applique aux heures pleines ; de surcro&#238;t l'&#233;lectricit&#233; est plus carbon&#233;e, car g&#233;n&#233;r&#233;e par des centrales d'appoint, g&#233;n&#233;ralement au gaz ou au charbon. Il faut donc trouver le juste &#233;quilibre entre le co&#251;t des investissements (capex) qui diminue avec la charge, et le co&#251;t de l'&#233;lectricit&#233; (opex) qui augmente avec la charge, jusqu'&#224; devenir dominant dans l'&#233;quation. L'optimum &#233;conomique se situe in-fine entre 3000 et 6000 heures par an ; il permet de se rapprocher du co&#251;t de production de l'hydrog&#232;ne &#171; gris &#187;, inf&#233;rieur &#224; 2&#8364;/kgH2.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Limitation des usages : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, la limitation de la production d'hydrog&#232;ne d&#233;carbon&#233;, que ce soit par insuffisance d'&#233;lectricit&#233; renouvelable comme le soutient le professeur Bonhomme, ou par non-disponibilit&#233; de l'&#233;lectricit&#233; renouvelable qui doit &#234;tre prioritairement utilis&#233;e &#224; d'autres fins de d&#233;carbonation selon M. Philibert, conduit &#224; limiter les usages de l'hydrog&#232;ne &#224; quelques domaines d'application jug&#233;s pertinents, et impossible &#224; d&#233;carboner via l'&#233;lectricit&#233; : raffinage, ammoniac, m&#233;thanol, sid&#233;rurgie, plus quelques bio-fuels, e-fuels et k&#233;ros&#232;nes de synth&#232;se &#224; partir de CO2 de biomasse, destin&#233;s &#224; l'industrie a&#233;ronautique et au transport maritime longue distance ; et c'est &#224; peu pr&#232;s tout ! L'hydrog&#232;ne pourra aussi servir marginalement au stockage et &#224; l'int&#233;gration des renouvelables aux r&#233;seaux &#233;lectriques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les sources de production de l'hydrog&#232;ne &#233;lectrolytique et le transport de l'hydrog&#232;ne :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Bonhomme ajoute que de son point de vue, les renouvelables ne seront pas au rendez-vous, ne serait-ce pour produire l'hydrog&#232;ne n&#233;cessaire aux seuls usages pr&#233;cit&#233;s. Le nucl&#233;aire deviendra incontournable si on veut d&#233;carboner nos &#233;conomies et sortir des hydrocarbures, et ce d'autant plus que les centrales de quatri&#232;me g&#233;n&#233;ration permettront une r&#233;duction importante des d&#233;chets. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour pallier aux importants besoins en &#233;nergie bas-carbone, M Philibert insiste sur le potentiel des pays favoris&#233;s par le soleil (Espagne, Afrique du Nord, Proche-Orient, Chili, Australie), o&#249; l'hydrog&#232;ne d&#233;carbon&#233; peut &#234;tre produit imm&#233;diatement en grande quantit&#233; et &#224; bas co&#251;t. Il reconnait toutefois que l'hydrog&#232;ne ne pourra &#234;tre transport&#233; sur de longues distances (trop cher &#224; liqu&#233;fier &#224; -260&#176;C, et bateaux trop co&#251;teux), sauf par gazoducs entre le Maroc et l'Europe par exemple ; l'hydrog&#232;ne produit devra donc prioritairement desservir les &#233;conomies locales, ou bien &#234;tre transform&#233; sous forme de produits semi-finis, ammoniac, m&#233;thanol et carburants de synth&#232;se, faciles &#224; transporter par bateau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui se traduirait par une nouvelle perte de souverainet&#233; pour l'Europe, suivant celle des &#233;nergies fossiles, d&#233;plore M. Bonhomme, qui repositionne le nucl&#233;aire comme garant de notre souverainet&#233; nationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;bat contradictoire s'est ensuite poursuivi sur les avantages compar&#233;s des technologies des &#233;lectrolyseurs et sur les sources d'&#233;nergies primaires, sur les terres rares et sur les m&#233;taux nobles, sur les &#233;missions de carbone, ainsi que sur l'acceptation soci&#233;tale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusions : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux points de vue, deux th&#232;ses : pour M. C&#233;dric Philibert, le potentiel des renouvelables est infini et imm&#233;diat, et l'&#233;lectrification massive des usages est la solution d'avenir. L'hydrog&#232;ne viendra en appoint pour certains d&#233;bouch&#233;s ; il sera produit massivement par les renouvelables, avec un compl&#233;ment de CCS et de carbone solide. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Le professeur G&#233;rard Bonhomme, l'usage de l'hydrog&#232;ne doit &#234;tre prioritairement industriel. C'est la voie la plus rapide pour d&#233;carboner nos &#233;conomies et nos &#233;nergies et pour sortir le plus rapidement possible des hydrocarbures. Les renouvelables ne seront pas suffisants pour produire l'hydrog&#232;ne d&#233;carbon&#233;, il faudra aussi compter sur le nucl&#233;aire et sur le CCS. &lt;br class='autobr' /&gt;
Partant de ces constats, si l'on consid&#232;re qu'il faudrait dix ans au minimum pour d&#233;velopper un v&#233;ritable programme de renouvelables en France, et quinze ans th&#233;oriquement ou plus pour relancer un programme nucl&#233;aire totalement hypoth&#233;tique &#224; ce jour, nous pouvons l&#233;gitimement nous poser la question de savoir si nous entrerons r&#233;ellement dans l'&#232;re de l'hydrog&#232;ne, et &#224; quelle &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romain PROVOST de LA FARDINIERE D&#233;l&#233;gu&#233; G&#233;n&#233;ral &#224; la Transition &#201;nerg&#233;tique chez EVOLEN &lt;br class='autobr' /&gt;
Bruno WILTZ Comit&#233; des r&#233;dacteurs EVOLEN Magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. G&#233;rard Bonhomme est professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'Universit&#233; de Lorraine, &#224; l'Institut Jean Lamour, sp&#233;cialiste de la physique des plasmas et de la fusion magn&#233;tique ; il est aussi Pr&#233;sident de la commission &#233;nergie &amp; environnement de la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise de Physique, et membre de l'Energy Group de la European Physical Society&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. C&#233;dric Philibert est consultant ind&#233;pendant, expert et analyste senior des questions Energie et Climat &#224; l'IFRI (Institut fran&#231;ais des relations internationales), auteurs de plusieurs ouvrages et articles sur l'hydrog&#232;ne, les technologies bas carbone, et les &#233;nergies renouvelables. De formation Sciences Politiques et journaliste, il a travaill&#233; pendant vingt ans comme analyste &#224; l'AIE (Agence Internationale de l'Energie&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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