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	<title>Centrale-&#201;nergies</title>
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	<description>Centrale-Energies est un Groupe Professionnel inter-associations des anciens &#233;l&#232;ves des &#233;coles Centrale (les Alumni), cr&#233;&#233; en 2006 &#224; l'initiative de la Conf&#233;d&#233;ration des Associations Centraliennes et de CentraleSup&#233;lec (CACCS ). Centrale Energies r&#233;unit les Alumni des Ecoles Centrales et, au-del&#224;, toutes les personnes int&#233;ress&#233;es par les &#233;volutions du secteur de l'Energie.
L'objet de Centrale Energies est d'&#233;clairer le d&#233;bat public et d'informer, de mani&#232;re objective, neutre, et apolitique sur les enjeux scientifiques, technologiques, &#233;conomiques, soci&#233;taux et environnementaux dans le domaine de l'&#233;nergie, dans le contexte de la lutte contre le d&#233;r&#232;glement climatique et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, de r&#233;duction de l'impact des activit&#233;s humaines sur l'environnement.</description>
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		<title>Centrale-&#201;nergies</title>
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		<title>Faut-il &#233;lectrifier la mobilit&#233; ? (Flash n&#176;55)</title>
		<link>http://centrale-energie.fr/spip.php?article257</link>
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		<dc:date>2017-06-01T10:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Ringenbach (ECN 96)</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Allemagne envisage d'interdire les voitures thermiques d'ici 2030. Le Maroc, qui a h&#233;berg&#233; la COP22 a commenc&#233; &#224; &#233;lectrifier des bus &#224; Casablanca. M&#234;me en Chine, on parle de v&#233;hicules &#233;lectriques. Tout cela est-il bien raisonnable ? La voiture &#233;lectrique a une image &#233;colo que personne ne questionne alors que son impact sur le climat d&#233;pend compl&#232;tement de la teneur en carbone de l'&#233;lectricit&#233; qui l'alimente. &lt;br class='autobr' /&gt; L'humain est ainsi fait qu'il se d&#233;placera toujours d'autant plus qu'il en a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://centrale-energie.fr/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;L'Allemagne envisage d'interdire les voitures thermiques d'ici 2030. Le Maroc, qui a h&#233;berg&#233; la COP22 a commenc&#233; &#224; &#233;lectrifier des bus &#224; Casablanca. M&#234;me en Chine, on parle de v&#233;hicules &#233;lectriques. Tout cela est-il bien raisonnable ? La voiture &#233;lectrique a une image &#233;colo que personne ne questionne alors que son impact sur le climat d&#233;pend compl&#232;tement de la teneur en carbone de l'&#233;lectricit&#233; qui l'alimente.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'humain est ainsi fait qu'il se d&#233;placera toujours d'autant plus qu'il en a les moyens. La mobilit&#233;, c'est sacr&#233;. C'est presque un droit de l'homme. Toucher au droit de se d&#233;placer, c'est toucher &#224; la libert&#233; individuelle. Et pire : toucher &#224; la voiture, c'est toucher au statut social. Cons&#233;quence : la mobilit&#233; n'a presque pas &#233;t&#233; abord&#233;e par le Grenelle de l'environnement ni par la loi de transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que le v&#233;hicule &#233;lectrique (VE) est &#233;colo est une belle l&#233;gende, tr&#232;s profond&#233;ment ancr&#233;e dans les esprits et on ne remet presque jamais en question cette l&#233;gende. En fait, il peut l'&#234;tre, mais ce n'est pas du tout automatique. On va voir que la voiture &#233;lectrique peut &#234;tre la meilleure ou la pire des choses pour le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Z&#233;ro &#233;missions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que les voitures &#233;lectriques sont &#171; z&#233;ro &#233;missions &#187;, mais c'est un gros raccourci. Elles ne font pas d'&#233;missions localement, mais pour &#234;tre vraiment neutres en carbone, il faudrait qu'elles fonctionnent avec une &#233;lectricit&#233; d&#233;carbon&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explication : prenez l'exemple d'une voiture A (&#224; essence) et d'une voiture B (&#233;lectrique) qui roulent toutes les deux dans un pays dont le mix &#233;lectrique imaginaire est constitu&#233; de centrales thermiques au fuel (on en voit peu, car c'est du g&#226;chis de mettre du fuel dans ces centrales thermiques, mais bon, imaginons&#8230;). On a ainsi quelque chose de comparable au niveau de la densit&#233; &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture A br&#251;le de l'essence pour fonctionner car elle a un moteur &#224; explosion. C'est cette explosion qui d&#233;gage du CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture B n'&#233;met pas une seule mol&#233;cule de CO2 quand elle roule, mais pour produire l'&#233;lectricit&#233; qui l'alimente, on a fait tourner une centrale thermique qui brule du fuel, ce qui &#233;met du CO2. Donc la voiture B est responsable d'&#233;missions de CO2 dites &#171; indirectes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue, les &#233;missions sont du m&#234;me ordre de grandeur. Le moteur &#224; explosion a un plus mauvais rendement que celui de la centrale thermique, mais le transport de l'&#233;lectricit&#233; co&#251;te &#233;galement de l'&#233;nergie. Admettons que cela s'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;alit&#233;, les centrales &#233;lectriques fonctionnent plut&#244;t au charbon (qui fait plus de CO2 que le fuel), au gaz (qui en fait moins), ou aux &#233;nergies bas carbone comme le renouvelable et le nucl&#233;aire (qui, pour faire simple, n'en font pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner un ordre de grandeur : avec un mix repr&#233;sentatif du mix &#233;lectrique mondial, une voiture &#233;lectrique &#233;met autant de CO2 qu'une voiture thermique. Une voiture &#233;lectrique qui roule en France, en Suisse ou en Norv&#232;ge (avec un mix peu carbon&#233;), &#233;met moins qu'une voiture &#224; essence. A contrario, une voiture &#233;lectrique en Allemagne, au Maroc, en Chine, ou, pire, en Pologne, &#233;met plus de CO2 qu'une voiture thermique &#224; cause des &#233;missions indirectes du mix carbon&#233; de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_625 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/IMG/jpg/-53.jpg?1768602425' width='500' height='277' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Il n'y a pas que le carbone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable avantage &#233;cologique du V&#233;hicule Electrique, c'est de ne pas &#233;mettre de particules fines, qui sont une pollution locale (et on pense tout de suite &#224; Shanghai ou P&#233;kin) et de faire moins de bruit qu'une voiture thermique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'est plut&#244;t pour ces raisons-l&#224; qu'on les d&#233;ploie. Les villes qui privil&#233;gient le VE savent que leurs concitoyens en tireront un vrai b&#233;n&#233;fice en termes de confort et de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre avantage est d'ordre &#233;conomique : la voiture &#233;lectrique est encore un peu ch&#232;re &#224; l'achat, mais par la suite elle est &#233;conome &#224; l'utilisation. Et je ne sais pas si vous avez remarqu&#233; cela : on a tendance &#224; consid&#233;rer comme tr&#232;s &#233;cologique quelque chose qui ne co&#251;te pas cher !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture &#233;lectrique, donc, ne co&#251;te presque rien en &#233;nergie. Non pas qu'elle en consomme moins (en &#233;nergie primaire, c'est comparable), mais l'&#233;lectricit&#233; n'est pas tax&#233;e comme le sont l'essence et le gasoil. Par cons&#233;quent, une grande transition vers le VE est un manque &#224; gagner pour l'&#233;tat et on peut parier que cela changera d&#232;s que les ventes exploseront. L'&#233;tat taxera l'&#233;lectricit&#233; ou les voitures, ou encore leur batterie, car il faudra bien compenser la perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Oui, mais avec du photovolta&#239;que ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au carbone. Certains pays, donc, veulent des voitures &#233;lectriques y compris des pays qui ont des mix &#233;lectriques tellement carbon&#233;s, qu'une voiture &#233;lectrique &#233;met plus de CO2 du puits &#224; la roue qu'une voiture thermique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons d'&#234;tre rabat-joie, me direz-vous, il suffit de s'&#233;quiper de panneaux solaires et d'alimenter sa voiture avec. C'est vrai. Mais cela est quand-m&#234;me un peu une vue de l'esprit. En effet, si vous habitez en Allemagne, et que vous achetez 10 m&#178; de panneaux PV et une voiture &#233;lectrique, vous pouvez alors dire que votre voiture est &#233;colo. Mais que se serait-il pass&#233; si vous aviez achet&#233; 10 m&#178; de PV et gard&#233; votre voiture thermique ? Vous n'auriez pas de voiture &#233;colo, certes, mais vos panneaux PV effaceraient alors int&#233;gralement des moyens de production carbonn&#233;s et votre bilan carbone serait meilleur qu'avec une voiture &#233;lectrique. Et c'est bien cette comparaison qu'il faut faire, si on veut &#234;tre honn&#234;te intellectuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, &#224; l'&#233;chelle d'un pays, personne n'a en charge de garantir que suffisamment d'&#233;lectricit&#233; verte sera produite pour absorber le besoin nouveau en &#233;lectricit&#233; g&#233;n&#233;r&#233; par l'&#233;lectrification de ces usages. Et certainement pas les constructeurs automobiles. Ces derniers mettent des panneaux PV partout dans leurs brochures, mais beaucoup moins sur les toits ! Quand leurs ventes s'envoleront, ils expliqueront sans le moindre scrupule que ce n'est pas &#224; eux de fournir l'&#233;lectricit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Faut-il alors jeter la voiture &#233;lectrique aux orties ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout, car elle a un r&#244;le indispensable dans la transition. Tous les sc&#233;narios qui sont compatibles avec un r&#233;chauffement inf&#233;rieur &#224; 2&#176;C (les sc&#233;narios RCP2.6 du GIEC [1]) comportent un volet &#233;lectrification de la mobilit&#233;. Il y a donc bien de la voiture &#233;lectrique dans les sc&#233;narios 2&#176;C du GIEC. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est plus facile de d&#233;carboner l'&#233;lectricit&#233; que les carburants liquides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant qu'on a compris tout cela, on se dit qu'il serait plus logique de d&#233;carboner le mix &#233;lectrique avant d'&#233;lectrifier le transport, n'est-ce pas ? Alors, pourquoi lancer ces programmes d'&#233;lectrification si vite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une vraie raison &#224; se lancer d&#232;s maintenant dans l'&#233;lectrification de la mobilit&#233;, voire d'autres usages, c'est que renouveler le parc prend du temps et qu'il ne faut peut-&#234;tre pas attendre d'avoir compl&#232;tement d&#233;carbon&#233; le mix pour le faire. La vitesse de rotation d'un parc de v&#233;hicule est de l'ordre de 17 ans, mais les changements d'habitude et l'adaptation des infrastructures sont encore plus longs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le chargement des batteries est une consommation &#171; pilotable &#187; d'&#233;lectricit&#233; : on peut brancher sa voiture quand elle est &#224; l'arr&#234;t et mettre en place un syst&#232;me intelligent qui la charge quand l'&#233;nergie renouvelable est disponible sur le r&#233;seau. Comme le caract&#232;re variable, pr&#233;visible, mais non contr&#244;l&#233; de certaines &#233;nergies renouvelables va poser probl&#232;me quand elles seront devenues pr&#233;pond&#233;rantes, toute consommation pilotable est la bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument qu'il faudra plusieurs dizaines d'ann&#233;es pour passer au VE et qu'il faudra tout autant de temps pour d&#233;carboner le mix, et que donc, on est contraint de faire les deux en m&#234;me temps est un argument qui se d&#233;fend tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'y opposerais deux choses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, on risque de passer &#224; c&#244;t&#233; de l'occasion de r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie du transport. Les &#233;missions du transport sont le produit du nombre de km parcourus, de l'&#233;nergie d&#233;pens&#233;e par km, et de l'intensit&#233; carbone de l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons un parall&#232;le, qui vaut ce qu'il vaut, avec le logement : on a int&#233;r&#234;t &#224; isoler sa maison avant de changer de chaudi&#232;re, afin de ne pas se retrouver avec une chaudi&#232;re surdimensionn&#233;e. Si on a divis&#233; par 4 le besoin de chauffage, on peut acheter une chaudi&#232;re quatre fois plus petite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, pour le transport, je pr&#233;coniserais de s'attaquer dans un premier temps &#224; la r&#233;duction des km parcourus, au taux de remplissage des v&#233;hicules, ainsi qu'&#224; leur efficacit&#233; (&#233;nergie par km) voire &#224; leur sobri&#233;t&#233; (des voitures plus l&#233;g&#232;res et moins rapides). Toutes ces actions vont avoir pour effet de r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie et donc les &#233;missions de CO2 au cours du temps, m&#234;me si cela ne permet pas d'arriver &#224; z&#233;ro. Quand on aura tout divis&#233; par deux ou trois, il sera temps de passer au dernier terme de l'&#233;quation : d&#233;carboner l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d'accord que cet argument est fragile et qu'il y a un probl&#232;me de dynamique : comme tous ces changements prennent du temps, il faudrait probablement tout faire en parall&#232;le pour avoir une chance d'y arriver en 2050 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas faux, mais voici la raison qui me fait vraiment h&#233;siter, mais alors vraiment beaucoup, &#224; pousser trop vite l'&#233;lectrification de la mobilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de la voiture &#233;lectrique dans les sc&#233;narios 2&#176;C, mais il y en a aussi dans les sc&#233;narios 5&#176;C. Voici pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peak oil, c'est maintenant. On peut d&#233;battre de la date exacte, mais que ce soit en 2006 (AIE) ou 2037 (DOE), cela ne change pas le raisonnement &#224; l'&#233;chelle du si&#232;cle. Or, le p&#233;trole est l'&#233;nergie reine pour le transport, et le transport est le sang de l'&#233;conomie. Sans transport, pas de PIB, pas d'activit&#233; &#233;conomique et&#8230; pas d'&#233;missions de GES ! Pour atteindre des niveaux &#233;lev&#233;s d'&#233;mission, il faut donc un syst&#232;me de transport qui se passe progressivement du p&#233;trole. Et comment ? Avec l'&#233;lectricit&#233; &#233;videmment ! Pas celle issue des &#233;nergies renouvelables, mais plut&#244;t celle des centrales &#224; charbon. C'est &#224; cette condition que l'on peut atteindre les niveaux d'&#233;missions des sc&#233;narios RCP8.5 du GIEC qui am&#232;nent &#224; +5&#176;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conviction intime est que si on n'a pas une &#233;conomie qui s'est affranchie du p&#233;trole gr&#226;ce &#224; l'&#233;lectricit&#233; &#171; charbonn&#233;e &#187; et &#224; la mobilit&#233; &#233;lectrique, quand le p&#233;trole viendra &#224; manquer on n'aura plus un outil industriel efficace et organis&#233; pour aller chercher les derni&#232;res tonnes de charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'affranchir du p&#233;trole &#187;, &#231;a sonnait bien, pourtant ? Si c'est pour sauver le climat, oui. Si c'est juste pour sauver l'&#233;conomie, &#231;a peut &#234;tre pire que tout : imaginez 500 millions de voitures &#233;lectriques en Chine, avec une &#233;lectricit&#233; qui se d&#233;carbone au rythme actuel (c'est-&#224;-dire largement pas assez rapidement). C'est une arme de destruction massive du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc devant un pari &#224; la Pascal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je suis optimiste, j'estime que j'ai le choix entre un sc&#233;nario m&#233;dian et un sc&#233;nario bas, que dois-je choisir ? Celui du bas, &#233;videment ! Et pour cela, j'&#233;lectrifie la mobilit&#233; en m&#234;me temps que je d&#233;carbone mon &#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si je suis pessimiste, que je pense avoir le choix entre le sc&#233;nario RCP8.5, qui est le pire du pire (+5&#176;C) et un sc&#233;nario m&#233;dian, que dois-je choisir ? Je choisis &#233;videmment le sc&#233;nario m&#233;dian en restreignant la mobilit&#233;. Et pour cela, aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre, je d&#233;cide de ne pas d&#233;velopper la voiture &#233;lectrique, quitte &#224; &#234;tre un peu g&#234;n&#233; dans ma mobilit&#233; au cours du si&#232;cle, et &#224; devoir relocaliser un peu mon &#233;conomie (mais on devrait pouvoir s'en sortir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la question est donc de savoir si on a &#224; choisir entre le bas et le milieu (on est optimiste) ou entre le milieu et le haut (on est pessimiste). Sommes-nous plut&#244;t devant un choix entre +2&#176;C et +3&#176;C ou devant un choix entre +3&#176;C et +5&#176;C ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indice : pour le moment, on est sur une trajectoire haute&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc philosophons &#224; loisir sur la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre optimiste ou pessimiste pour d&#233;clencher le changement (et j'ai des bonnes bouteilles chez moi pour &#231;a), mais dans tous les cas, il faudrait attendre d'avoir vraiment enclench&#233; la transition pour parler de voiture &#233;lectrique et tous les pays devraient avoir comme r&#232;gle de ne jamais d&#233;ployer de v&#233;hicules &#233;lectriques avant d'avoir suffisamment d&#233;carbon&#233; leur mix, pour qu'ils soient au moins &#224; parit&#233; avec les v&#233;hicules thermiques, au regard des &#233;missions de CO2. C'est plus s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] RCP2.6 : Representative Concentration Pathing ou Trajectoire Repr&#233;sentative de Concentration bas&#233;e sur le for&#231;age radiatif en 2100 en W/m2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Retrouvez &#233;galement cet article dans le &lt;strong&gt;&lt;a href='http://centrale-energie.fr/IMG/pdf/-60.pdf' class=&#034;spip_in&#034; type='application/pdf'&gt;Flash n&#176;55&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>COP21 : faut-il applaudir l'accord de Paris ?</title>
		<link>http://centrale-energie.fr/spip.php?article216</link>
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		<dc:date>2016-02-01T22:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Ringenbach (ECN 96)</dc:creator>


		<dc:subject>Gestion &#233;conomique et environnementale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;ambule Pendant un an avant la COP, les &#233;quipes du Minist&#232;res des Affaires Etrang&#232;res (MAE), mais &#233;galement les autres minist&#232;res, ainsi que Nicolas Hulot ont parcouru la plan&#232;te pour pr&#233;parer le terrain et faire bouger les lignes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les n&#233;gociations ont d&#233;marr&#233; le 30 novembre avec un ballet de chefs d'&#233;tats venus donner le ton. La premi&#232;re semaine a &#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; des questions techniques dont seuls les diplomates d&#233;battaient. Tout le travail consistait &#224; supprimer les diff&#233;rentes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://centrale-energie.fr/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://centrale-energie.fr/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Gestion &#233;conomique et environnementale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;ambule&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant un an avant la COP, les &#233;quipes du Minist&#232;res des Affaires Etrang&#232;res (MAE), mais &#233;galement les autres minist&#232;res, ainsi que Nicolas Hulot ont parcouru la plan&#232;te pour pr&#233;parer le terrain et faire bouger les lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations ont d&#233;marr&#233; le 30 novembre avec un ballet de chefs d'&#233;tats venus donner le ton. La premi&#232;re semaine a &#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; des questions techniques dont seuls les diplomates d&#233;battaient. Tout le travail consistait &#224; supprimer les diff&#233;rentes options pr&#233;sentes dans le texte. Les ministres sont arriv&#233;s en deuxi&#232;me semaine avec comme mission de trancher les derniers points (lesquels &#233;taient en r&#233;alit&#233; encore beaucoup trop nombreux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 d&#233;cembre, on se donne rendez-vous vers 17h pour l'approbation en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Apr&#232;s 19h, avec plus de deux heures de retard, la s&#233;ance est ouverte pour la c&#233;r&#233;monie d'adoption. Pendant les quelques minutes qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le coup de marteau une liste de modifications &#171; techniques &#187; au texte est annonc&#233;e par le secr&#233;taire ex&#233;cutif adjoint de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations-Unies sur le Changement Climatique). Parmi ces modifications, un shall est devenu should.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;Shall&#034; in Art 4.4 was an error. Replace with &#8220;Should&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on avait laiss&#233; le mot &#171; Shall &#187; le texte aurait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme ayant un caract&#232;re contraignant et les Etats Unis ne l'auraient alors probablement pas ratifi&#233; et il y a fort &#224; parier que la Chine non plus. Le texte ne pouvait alors math&#233;matiquement pas entrer en vigueur, priv&#233; de deux pays repr&#233;sentant plus de la moiti&#233; des &#233;missions mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Maintenant, que penser de cet accord ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le texte est compos&#233; de deux parties : une &#171; d&#233;cision d'adoption &#187;, non soumise &#224; ratification par les Etats, qui a &#233;t&#233; formellement prise en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de la COP et, en annexe, &#171; l'accord de Paris &#187; qui doit &#234;tre sign&#233; par les pays au si&#232;ge de l'ONU entre le printemps 2016 et le printemps 2017 et ratifi&#233; par au moins 55 pays repr&#233;sentant 55% des &#233;missions pour entrer en vigueur. Tout ce qui est dans la &#171; d&#233;cision &#187; est consid&#233;r&#233; comme moins contraignant que ce qui est dans l'accord.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La temp&#233;rature &#224; ne pas d&#233;passer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut retenir que le texte renforce l'objectif de 2&#176;C pour la hausse des temp&#233;ratures en 2100, tout en &#233;voquant celui de 1,5&#176;C. Ce chiffre de 1,5&#176;C est en r&#233;alit&#233; une concession diplomatique &#224; destination des pays insulaires qui ont d&#233;j&#224; les pieds dans l'eau. Malheureusement pour eux, cet objectif est pratiquement inatteignable. Un rapport sp&#233;cial sera cependant demand&#233; au GIEC pour r&#233;pondre &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La trajectoire des &#233;missions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du contenu de l'accord, il n'est pas suffisant pour aller vers 2&#176;C : le pic des &#233;missions doit arriver &#171; d&#232;s que possible &#187; (sic), ce qui est un peu vague, et l'objectif ensuite est la &#171; neutralit&#233; carbone &#187; quelque part pendant la 2e moiti&#233; du XXIe si&#232;cle. Cette neutralit&#233; carbone est d&#233;finie comme la compensation exacte des &#233;missions par les puits anthropiques (comme la s&#233;questration du carbone).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains regretteront cette porte ouverte &#224; la s&#233;questration du carbone mais le GIEC est formel sur le sujet : aucun sc&#233;nario ne permet de faire le 2&#176;C sans cette technologie !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ces objectifs de long terme sont-ils compatibles avec les engagements des pays ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Loin de l&#224;. L'ensemble des engagements des pays qui ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s, avant fin octobre pour la plupart, nous mettent sur une trajectoire de 3&#176;C. Ce qui est important, d&#232;s lors, c'est d'avoir un rythme de rencontres et de r&#233;ajustements suffisamment soutenu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;vision des engagements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les engagements des pays seront revus tous les 5 ans, et cette r&#233;vision sera toujours &#224; la hausse. Le premier bilan interviendra d&#232;s 2018 et servira de base pour le cycle de r&#233;vision de 2020 /2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord prend acte qu'il y a un &#233;cart entre les objectifs et les trajectoires dessin&#233;es par les INDC des &#233;tats (Intended Nationally Determined Contribution). Les pays ayant soumis une INDC &#224; horizon 2025 sont invit&#233;s &#224; en proposer une nouvelle d'ici 2020 puis tous les 5 ans. Ceux avec INDC &#224; 2030 y sont oblig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait cependant qu'une &#171; coalition &#187; de pays les plus ambitieux ait convenu hors accord d'une r&#233;vision plus rapide des engagements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le financement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#339;ud tr&#232;s sensible de la n&#233;gociation : le financement. Objectivement, il ne peut pas y avoir d'accord sur le climat sans une contribution financi&#232;re significative du Nord vers le Sud. Et cette contribution rev&#234;t plusieurs formes et plusieurs objets. Tout d'abord une aide &#224; la transition car les pays &#233;metteurs de demain ne sont pas les m&#234;mes qu'aujourd'hui. On ne peut pas sauver le climat en mettant d'accord uniquement les 10 pays responsables de 70% des &#233;missions. Les pays en d&#233;veloppement vont leur passer devant tr&#232;s vite et il faut donc les aider &#224; faire leur d&#233;veloppement sur des bases propres. Ensuite, les pays du Sud sont plus victimes que le Nord des cons&#233;quences du changement climatique alors qu'ils n'en sont pas responsables. Ils peuvent l&#233;gitimement demander &#224; ce qu'on les aide &#224; s'adapter pour faire face aux cons&#233;quences futures. Pour la m&#234;me raison, ils demandent &#233;galement (troisi&#232;me point) &#224; &#234;tre indemnis&#233;s (d'o&#249; le terme &#171; pertes et dommages &#187;) pour les cons&#233;quences pr&#233;sentes et futures du d&#233;r&#232;glement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte &#233;voque un chiffre qui a &#233;t&#233; propos&#233; par le pr&#233;sident Obama &#224; Copenhague, un peu au hasard : 100 Milliards de dollars par an &#224; partir de 2020. Mais ce qu'il recouvre n'est pas bien clair. Initialement, c'&#233;tait un montant qui devait couvrir l'adaptation mais un glissement s'est produit et il est maintenant &#233;voqu&#233; pour l'att&#233;nuation alors que le bon ordre de grandeur est plut&#244;t de 1000 Milliards de dollars sur l'ensemble de la plan&#232;te dont une bonne partie (plusieurs centaines de milliards) devraient aller du Nord vers le Sud. Mais regardons le verre &#224; moiti&#233; plein : nous sommes partis de rien et le processus de nouvelles rencontres inclut &#233;galement les engagements financiers. Nous ne sommes pas &#224; l'abri d'un progr&#232;s de ce c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mots-cl&#233;s que les ONG auraient aim&#233; voir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; &#233;nergies renouvelables &#187; sont tout juste cit&#233;es dans le pr&#233;ambule du projet de &#171; d&#233;cision &#187; comme un moyen de permettre l'acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; en Afrique. Les ONG auraient aim&#233; les voir appara&#238;tre plus largement dans l'accord de Paris. Il faut savoir que m&#234;me les mots &#171; &#233;nergie &#187; et &#171; carbone &#187; sont quasiment absents du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord de Paris concerne le climat, il parle donc d'&#233;missions de Gaz &#224; Effet de Serre (GES), c'est logique. Le dioxyde de carbone repr&#233;sente 75 % des GES et malgr&#233; cela, il n'est cit&#233; que 5 fois. Les &#233;nergies fossiles qui font 65% des GES : z&#233;ro occurrence ! Ceci &#233;tant probablement d&#251; &#224; l'influence de pays gros producteurs de p&#233;trole. M&#234;me l'unit&#233; de mesure des GES, la &#171; tonne &#233;quivalent CO2 &#187;, n'y figure pas ! On voit un chiffre de 55 gigatonnes de&#8230; &#171; gaz &#187;, sans plus de pr&#233;cision !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#233;nergies renouvelables, il est logique de ne pas en parler d'une part parce qu'on ne parle pas d'&#233;nergie, autant &#234;tre coh&#233;rent ; d'autre part, le sujet &#233;tant le climat, si on parle d'&#233;nergie, la solution est dans les &#233;nergies bas carbone que sont les renouvelables ET le nucl&#233;aire. Or si sur le climat il n'y a plus de d&#233;bat, sur le nucl&#233;aire, il y en a un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le texte de la &#171; d&#233;cision &#187; parle des &#233;nergies renouvelables dans les pays en d&#233;veloppement, et notamment en Afrique, c'est parce que tout le monde s'accorde &#224; ne pas vouloir aller y d&#233;velopper le nucl&#233;aire. Mais ailleurs, ce sera &#224; chaque pays de prendre ses responsabilit&#233;s, n'en d&#233;plaise aux anti-nucl&#233;aires. Les ONG essaient chaque ann&#233;e de faire de la COP un terrain de bataille contre le nucl&#233;aire, ce n'est simplement pas le lieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un accord contraignant ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du droit international, l'accord n'est pas contraignant. Mais en introduisant des notions de transparence, il force les &#233;tats &#224; rendre compte &#224; leur opinion publique et au reste du monde de leurs avanc&#233;es. C'est pour cette raison qu'il est quand-m&#234;me consid&#233;r&#233; comme contraignant par les politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/eng/l09r01.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/eng/l09r01.pdf&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez &#233;galement cet article dans le &lt;a href=&#034;http://www.centrale-energie.fr/spip/IMG/pdf/-16.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Flash n&#176;48&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'effet de serre atmosph&#233;rique</title>
		<link>http://centrale-energie.fr/spip.php?article151</link>
		<guid isPermaLink="true">http://centrale-energie.fr/spip.php?article151</guid>
		<dc:date>2014-04-01T20:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Ringenbach (ECN 96), Christiane Drevet (ECN 65)</dc:creator>


		<dc:subject>Gestion &#233;conomique et environnementale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous reprenons ici l'excellente &#233;tude didactique de Jean-Louis Dufresne et Jacques Treiner relative &#224; l'effet de serre atmosph&#233;rique (r&#233;f 1). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet article, les auteurs montrent par un raisonnement simple que, malgr&#233; la saturation de l'absorption des infrarouges r&#233;&#233;mis par la plan&#232;te par les mol&#233;cules de gaz &#224; effet de serre (GES), cet effet de serre continue cependant de cro&#238;tre (&#233;l&#233;vation de la temp&#233;rature de surface terrestre), lorsque la concentration de ces GES augmente (c'est le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://centrale-energie.fr/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://centrale-energie.fr/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Gestion &#233;conomique et environnementale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous reprenons ici l'excellente &#233;tude didactique de Jean-Louis Dufresne et Jacques Treiner relative &#224; l'effet de serre atmosph&#233;rique (r&#233;f 1).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, les auteurs montrent par un raisonnement simple que, malgr&#233; la saturation de l'absorption des infrarouges r&#233;&#233;mis par la plan&#232;te par les mol&#233;cules de gaz &#224; effet de serre (GES), cet effet de serre continue cependant de cro&#238;tre (&#233;l&#233;vation de la temp&#233;rature de surface terrestre), lorsque la concentration de ces GES augmente (c'est le cas du CO2 dans les conditions actuelles). Le m&#233;canisme principal &#224; l'&#339;uvre est le gradient vertical n&#233;gatif des temp&#233;ratures de bas en haut de l'atmosph&#232;re, qui y est r&#233;gi par des &#233;changes convectifs adiabatiques (c'est &#224; dire sans &#233;change thermique avec l'air environnant, l'&#233;chelle de temps de la convection &#233;tant bien inf&#233;rieure &#224; celle de la conduction thermique). Le mod&#232;le simple utilis&#233; ici permet de &#171; toucher du doigt &#187; le m&#233;canisme physique qui est &#224; l'&#339;uvre dans les codes de calcul radiatifs d&#233;taill&#233;s &#171; maille &#224; maille &#187; des sp&#233;cialistes du climat, repris dans les rapports successifs du GIEC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I) Mod&#232;le de l'effet de serre atmosph&#233;rique parfait&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier mod&#232;le, destin&#233; &#224; montrer la nature et la r&#233;alit&#233; de l'effet de serre terrestre, plusieurs hypoth&#232;ses simplificatrices ont &#233;t&#233; prises :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/IMG/png/fl39gr1.png?1768602384' width='500' height='392' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'atmosph&#232;re est &#224; temp&#233;rature homog&#232;ne et laisse passer l'essentiel du rayonnement solaire incident et r&#233;fl&#233;chi par la terre.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les gaz &#224; effet de serre dans l'atmosph&#232;re (GES) absorbent la totalit&#233; du rayonnement infrarouge r&#233;&#233;mis par la terre.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les mol&#233;cules de GES renvoient &#224; leur tour vers la terre et l'espace leur propre rayonnement infrarouge, sans att&#233;nuation.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les &#233;missions infrarouges de la terre vers l'atmosph&#232;re et des GES de l'atmosph&#232;re vers l'espace et la terre se font selon la loi de puissance du corps noir en &#963;T4, avec T temp&#233;rature des zones &#233;missives en &#176;K (Kelvin) et &#963; constante de Stefan-Boltzmann.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si S est la puissance &#233;mise par le soleil et arrivant sur le syst&#232;me atmosph&#232;re-terre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si A est l'alb&#233;do mesur&#233; de la terre pour le rayonnement solaire incident (rapport entre la puissance r&#233;fl&#233;chie vers l'espace et la puissance incidente), AS &#233;tant ainsi la puissance r&#233;fl&#233;chie par la terre vers l'espace ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si Ta et Ts sont les temp&#233;ratures respectives de l'atmosph&#232;re et de la surface terrestre, on a, &#224; l'&#233;quilibre, &#233;galit&#233; des puissances aux interfaces :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; l'interface atmosph&#232;re-espace&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1-A) S = &#963;Ta&#8308;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; l'interface atmosph&#232;re-surface terrestre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1-A) S+ &#963;Ta&#8308; = &#963;Ts&#8308;, soit 2 &#963;Ta&#8308; = &#963;Ts&#8308;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La temp&#233;rature d'&#233;quilibre de surface terrestre Ts est 2 puissance 1/4 fois plus &#233;lev&#233;e que celle de l'atmosph&#232;re Ta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Application num&#233;rique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur g&#233;n&#233;ralement admise pour la puissance moyenne incidente solaire est : S = 342 W/m2. L'alb&#233;do de la terre A a &#233;t&#233; mesur&#233; et est pris &#233;gal &#224; 0,30. Il en r&#233;sulte &lt;strong&gt;Ta = -18&#176;C, Ts = 30&#176;C&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;l&#233;vation de temp&#233;rature d'&#233;quilibre de la sur-face de la terre est ce que l'on appelle commun&#233;ment &lt;strong&gt;effet de serre d&#251; &#224; l'atmosph&#232;re&lt;/strong&gt;. En effet, en l'absence d'atmosph&#232;re, Ts = Ta = -18&#176;C, pour un m&#234;me alb&#233;do terrestre de 0,30. On constate qu'&#224; ce stade, n'interviennent ni la nature et les concentrations des divers GES, ni la hauteur de l'atmosph&#232;re. La valeur de 30&#176;C est surestim&#233;e du fait des hypoth&#232;ses simplificatrices prises (elle est plus exactement de 15&#176;C environ), mais elle permet de comprendre &lt;strong&gt;qualitativement&lt;/strong&gt; la nature du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'atmosph&#232;re n'est pas totalement transparente aux rayonnements solaires incident et r&#233;fl&#233;chi, elle n'est pas opaque compl&#232;tement au rayonnement terrestre infrarouge, sa temp&#233;rature n'est pas homog&#232;ne, car elle diminue lorsque l'altitude augmente. Ce sont ces principaux effets qui vont &#234;tre maintenant repris, apr&#232;s un retour sur les propri&#233;t&#233;s d'absorption des mol&#233;cules H2O et CO2, premi&#232;res responsables comme nous allons le voir de l'effet de serre atmosph&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II) Principaux gaz &#224; effet de serre de l'atmosph&#232;re terrestre &#8211; H2O et CO2&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats des codes radiatifs complets mis en &#339;uvre par les sp&#233;cialistes du climat montrent que les deux principaux gaz &#224; effet de serre (GES) dans l'atmosph&#232;re terrestre sans nuages sont la vapeur d'eau H2O (pour 60%) et le dioxyde de carbone CO2 (pour 26%). Les autres contributions sont celles de l'Ozone (pour 8%) et de l'ensemble protoxyde d'azote N2O et m&#233;thane CH4 (pour 6%). Les auteurs se sont donc focalis&#233;s &#224; juste titre dans leur &#233;tude sur les mol&#233;cules H2O et CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III) Propri&#233;t&#233;s d'absorption par H2O et CO2 du rayonnement infrarouge &#233;mis par la terre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1) D&#233;pendance spectrale de l'absorptivit&#233; des mol&#233;cules H2O et CO2&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les figures 1 et 2 repr&#233;sentent la d&#233;pendance spectrale de l'absorptivit&#233; de H2O et CO2 dans une atmosph&#232;re actuelle et sans nuages, dans la gamme spectrale de l'essentiel de l'&#233;mission infrarouge de la terre (4 &#224; 40 &#181;m). Les variables y sont &#233;galement les concentrations en CO2 (en ppm) et en vapeur d'eau H2O en kg/m2 (moyenn&#233;e sur toute la hauteur de l'atmosph&#232;re et par unit&#233; de surface terrestre).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/local/cache-vignettes/L265xH260/fl39fig1-2-e73ad.png?1768648754' width='265' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On y constate trois faits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour le CO2 en rouge (fig1), l'absorptivit&#233; est totale ou satur&#233;e (&#233;gale &#224; 1) dans 2 bandes autour de 5 et 15 &#181;m. Ailleurs, elle est quasi-nulle. Elle ne varie pas avec la concentration de CO2, de 180 ppm (valeur en vigueur lors des p&#233;riodes glaciaires) &#224; 720 ppm, qui est presque deux fois la concentration actuelle (400 ppm).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/local/cache-vignettes/L306xH275/fl39fig2-2-9a6f7.png?1768648754' width='306' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour la vapeur H2O en bleu (fig 1), l'absorptivit&#233; est totale dans la plage 5-8 &#181;m, et au-del&#224; d'environ 16 &#181;m. Ailleurs, dans la plage 8-16 &#181;m, elle est largement inf&#233;rieure &#224; 1 mais varie avec la concentration de vapeur d'eau dans l'atmosph&#232;re terrestre (cette valeur est actuellement de 25 kg/m2). En faisant varier (fig2) cette moyenne de 5 &#224; 40 kg/m2, qui couvre la gamme des valeurs observ&#233;es entre les diff&#233;rentes latitudes, on constate en effet un accroissement de l'absorptivit&#233;, permettant un accroissement de l'effet de serre d&#251; &#224; ce gaz, dans cette gamme de fr&#233;quence des infrarouges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'examen des absorptivit&#233;s compar&#233;es de H2O et CO2 (fig 1) montre bien que c'est H2O qui est dominant dans l'effet de serre r&#233;sultant. Par contre, c'est bien le CO2 qui est la cause de l'augmentation anthropique de l'effet de serre, le H2O n'augmentant en proportion que tr&#232;s peu avec les activit&#233;s humaines, par rapport aux valeurs pr&#233;-industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2) Absorptivit&#233;s de H2O et CO2 int&#233;gr&#233;es sur le spectre d'&#233;mission infrarouge de la terre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les figures 3 et 4 repr&#233;sentent les absorptivit&#233;s de H2O et de CO2 en fonction de leur concentration dans l'atmosph&#232;re, obtenues en pond&#233;rant l'absorptivit&#233; &#224; chaque longueur d'onde par le flux du rayonnement &#233;mis par la surface de la terre &#224; cette longueur d'onde. Le spectre d'&#233;mission terrestre par m&#232;tre carr&#233; de sol est repr&#233;sent&#233; par une courbe en cloche de corps noir &#224; 25&#176;C, d'&#233;mission maximum &#224; 10 &#181;m.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/local/cache-vignettes/L253xH256/fl39fig3-2-41915.png?1768648754' width='253' height='256' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_924 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/local/cache-vignettes/L304xH242/figure_4_flash_39_effet_de_serre.jpg-9e7c2.png?1768648754' width='304' height='242' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour H2O, la figure 3 montre que l'absorptivit&#233; int&#233;gr&#233;e augmente avec la quantit&#233; moyenn&#233;e sur la verticale de la vapeur d'eau, exprim&#233;e en kg/m2, gr&#226;ce &#224; l'augmentation de l'absorptivit&#233; dans la fen&#234;tre d'absorption faible de la gamme 8-16 &#181;m. En de&#231;&#224; des 2 kg/m2, o&#249; les bandes d'absorption entre 6 et 8 &#181;m et au-del&#224; des 16 &#181;m ne sont pas encore satur&#233;es, la pente est encore plus forte. Il en r&#233;sulte de toute fa&#231;on une augmentation de l'effet de serre avec la concentration en vapeur d'eau, comparable &#224; celle que l'on obtient avec les mod&#232;les radiatifs d&#233;taill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour le CO2, la figure 4 montre qu'au-del&#224; de la valeur &#224; laquelle l'absorption par la bande &#224; 15 &#181;m devient satur&#233;e (quelques dizaines de ppm), l'absorptivit&#233; int&#233;gr&#233;e n'augmente plus avec la concentration de CO2, alors que les mod&#232;les radiatifs d&#233;taill&#233;s montrent une augmentation de l'effet de serre. Nous verrons plus loin o&#249; est l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV) Accroissement de l'effet de serre pour une atmosph&#232;re dont l'absorptivit&#233; est satur&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour raisonner simplement, les auteurs ont choisi le cas d'&#233;cole d'une atmosph&#232;re o&#249; l'absorptivit&#233; des GES est satur&#233;e dans tout le domaine spectral de l'&#233;mission infrarouge terrestre, et o&#249; ce rayonnement infrarouge &#233;mis par la terre est totalement absorb&#233; par les basses couches de l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1) Notion d'altitude d'&#233;mission de l'atmosph&#232;re&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/IMG/png/fl39fig5.png?1768602384' width='500' height='272' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Prenons le cas de r&#233;f&#233;rence o&#249; l'atmosph&#232;re peut &#234;tre d&#233;compos&#233;e en 2 grandes couches, comme sur la figure 5 a) : la premi&#232;re aux basses altitudes o&#249; le rayonnement infrarouge r&#233;&#233;mis par les GES n'atteint jamais l'espace, car il est absorb&#233; totalement par les couches situ&#233;es au-dessus. Cette zone est dite aveugle pour l'espace. Dans la 2nde partie, les rayonnements &#233;l&#233;mentaires r&#233;&#233;mis par les diff&#233;rentes sous-couches atteignent l'espace de fa&#231;on partielle, mais d'autant moins att&#233;nu&#233;s que ces sous-couches sont proches de l'espace. La somme de ces rayonnements, Fir, constitue le rayonnement global infrarouge envoy&#233; par l'atmosph&#232;re vers l'espace, c'est celui qui est vu par les radiom&#232;tres &#224; bord des satellites. A cette puissance Fir, on peut associer une temp&#233;rature Te d'&#233;mission de corps noir, et d&#233;finir ainsi &#171; l'altitude d'&#233;mission &#187; Ze comme celle o&#249; la temp&#233;rature de l'atmosph&#232;re est justement Te. Sur terre, cette altitude d'&#233;mission est de 3 &#224; 8 km pour les domaines spectraux correspondant aux bandes satur&#233;es de H2O et du CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2) Accroissement de l'altitude d'&#233;mission avec la concentration de GES&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la figure 5 b), du fait de l'augmentation de concentration des GES par rapport au cas de r&#233;f&#233;rence, le rayonnement infrarouge r&#233;&#233;mis par ces GES est absorb&#233; sur des distances plus courtes que pr&#233;c&#233;demment. La partie de l'atmosph&#232;re aveugle augmente, et l'altitude d'&#233;mission augmente. En raison du gradient thermique de l'atmosph&#232;re (impos&#233; par les mouvements convectifs adiabatiques), la temp&#233;rature d'&#233;mission diminue, ainsi que la puissance du rayonnement infrarouge r&#233;&#233;mis vers l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3) Accroissement de l'effet de serre avec la concentration de GES&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes maintenant pr&#234;ts &#224; r&#233;&#233;crire l'&#233;quilibre des puissances, comme dans le chapitre II) relatif &#224; l'effet de serre atmosph&#233;rique parfait, mais cette fois aux altitudes d'&#233;mission de l'atmosph&#232;re &#224; l'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/IMG/png/fl39fig6.png?1768602385' width='500' height='271' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans le cas de r&#233;f&#233;rence, on peut ainsi &#233;crire &#224; l'&#233;quilibre : FS = (1-A) S = Fir1 = &#963;T&#8321;&#8308;. On retrouve alors le r&#233;sultat T1 = -18&#176;C, du cas de l'effet de serre atmos-ph&#233;rique parfait, mais cette fois correspondant &#224; l'altitude Z1 de l'atmosph&#232;re, qui n'est plus homog&#232;ne (figure 6 a).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans le cas o&#249; la concentration de GES augmente, on a vu que l'altitude d'&#233;mission change, prenant une valeur Z&#8322; sup&#233;rieure &#224; Z&#8321;, alors que la temp&#233;rature d'&#233;mission diminue, prenant une valeur T2 inf&#233;rieure &#224; T1. A cette altitude, la puissance incidente FS = (1-A) S devient alors sup&#233;rieure &#224; la puissance infrarouge r&#233;&#233;mise vers l'espace Fir2 = &#963;T&#8322;4, et on a maintenant &#224; l'altitude Z2 un d&#233;s&#233;quilibre des puissances (figure 6 b). En cons&#233;quence, le haut de l'atmosph&#232;re se r&#233;chauffe, et du fait des mouvements de convection adiabatique, ce r&#233;chauffement se propage &#224; toute l'atmosph&#232;re, y compris &#224; la surface terrestre, tout en conservant constant le gradient vertical de temp&#233;rature, jusqu'&#224; ce qu'un nouvel &#233;quilibre des puissances soit atteint (figure 6 c).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien dans ce cas augmentation de l'effet de serre, puisque toutes les couches de l'atmosph&#232;re, y compris la surface terrestre (&#224; l'altitude z&#233;ro) voient leur temp&#233;rature augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V) Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous venons d'expliquer physiquement pourquoi l'effet de serre anthropique d&#251; au CO2 cro&#238;t quand sa concentration augmente dans l'atmosph&#232;re, alors que son absorptivit&#233; aux fr&#233;quences infrarouges de r&#233;&#233;mission terrestre y est satur&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absorptivit&#233; du CO2 &#233;mis dans l'atmosph&#232;re par les activit&#233;s humaines (origine dite anthropique) &#233;tant satur&#233;e aux conditions actuelles, une analyse au premier degr&#233; aurait pu conclure &#224; une saturation de son &#233;missivit&#233;, et partant, de l'effet de serre, lorsque sa concentration augmente. Mais ceci est en contradiction avec les calculs radiatifs d&#233;taill&#233;s maille &#224; maille &#233;labor&#233;s par les sp&#233;cialistes du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Louis Dufresne et Jacques Treiner ont alors r&#233;ussi &#224; montrer, gr&#226;ce au mod&#232;le simplifi&#233; qu'ils ont &#233;tabli dans une publication r&#233;cente (r&#233;f 1) et repris ici, que le m&#233;canisme physique &#224; l'&#339;uvre expliquant cette r&#233;alit&#233; physique est bien la convection adiabatique dans les couches de l'atmosph&#232;re, r&#233;sultant en un gradient de temp&#233;rature vertical n&#233;gatif constant des hautes pressions (la surface terrestre) vers les basses pressions (la haute atmosph&#232;re).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;valuations num&#233;riques radiatives compl&#232;tes des codes prospectifs d'&#233;valuations de l'effet de serre, codes repris dans les rapports du GIEC, bien d'autres facteurs ignor&#233;s sciemment dans le mod&#232;le simplifi&#233; des auteurs rentrent cependant en ligne de compte. Citons quelques-uns de ces facteurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les GES H2O (d'origine naturelle) et CO2 (d'origine anthropique), principaux responsables de l'effet de serre, sont en m&#233;lange et leurs spectres d'absorption se recouvrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le gradient vertical de temp&#233;rature change de signe dans la stratosph&#232;re vers 20 km ; Des consid&#233;rations plus compl&#232;tes des auteurs montrent que globalement, la stratosph&#232;re a un comportement neutre sur l'effet de serre lorsque le taux de CO2 varie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;troaction (positive ou n&#233;gative) de l'effet de serre existent, tels que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'augmentation de la teneur en vapeur d'eau dans l'atmosph&#232;re avec la temp&#233;rature, renfor&#231;ant l'effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	la modification du gradient vertical de temp&#233;rature avec la teneur en vapeur d'eau, diminuant l'effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	le changement des nuages, de la couverture de neige et de glace, l'effet des a&#233;rosols, modifiant l'effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	la diminution des puits de carbone avec la temp&#233;rature, en particulier celui de l'oc&#233;an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que parmi tous ces facteurs, les principales causes d'incertitudes, chiffr&#233;es dans les calculs radiatifs complets, &#224; &#233;missions de GES anthropiques donn&#233;es, restent le r&#244;le des nuages, des a&#233;rosols et de la concentration en vapeur d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'est pas inutile de rappeler que la plus grande incertitude, et de loin, des codes prospectifs du climat, repris dans les rapports du GIEC, porte sur le comportement futur de l'humanit&#233; relativement &#224; ses &#233;missions de GES, et principalement de CO2, directement reli&#233;es &#224; l'utilisation des &#233;nergies fossiles (gaz, p&#233;trole, charbon).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales voies de diminution de l'utilisation des &#233;nergies fossiles sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	la diminution des consommations &#233;nerg&#233;tiques d'origine &#171; fossile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	l'am&#233;lioration de l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique des combustions &#171; fossiles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	le recours aux &#233;nergies plus faiblement &#233;mettrices en CO2 (renouvelables et nucl&#233;aire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceci dans toutes les composantes des activit&#233;s humaines (chauffage, isolation des b&#226;timents, transports, processus industriels, &#233;lectricit&#233;,&#8230;). Notons &#233;galement l'augmentation des puits de carbone par reforestation, apte &#224; diminuer la concentration de CO2 dans l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(r&#233;f 1) : l'effet de serre atmosph&#233;rique : plus subtil qu'on ne le croit ! , de Jean-Louis Dufresne (Institut Pierre-Simon Laplace) et Jacques Treiner (universit&#233; Pierre et Marie Curie), paru en f&#233;vrier 2011, dans le n&#176; 72 de La M&#233;t&#233;orologie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez &#233;galement cet article dans le &lt;a href=&#034;http://www.centrale-energie.fr/spip/IMG/pdf/CE-Flash_39-avr_14.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Flash n&#176;39&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;chauffement climatique ou pas ? D'origine anthropique ou pas ?</title>
		<link>http://centrale-energie.fr/spip.php?article89</link>
		<guid isPermaLink="true">http://centrale-energie.fr/spip.php?article89</guid>
		<dc:date>2013-12-01T18:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aur&#233;lien Deragne (ECL 98) , C&#233;dric Ringenbach (ECN 96)</dc:creator>


		<dc:subject>Gestion &#233;conomique et environnementale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le GIEC vient de publier son 5&#232;me rapport et celui-ci confirme la r&#233;alit&#233; du r&#233;chauffement climatique, et &#233;value la probabilit&#233; de son origine anthropique &#224; 95% (contre 90 % dans le 4&#232;me rapport). &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme &#224; l'occasion de tous les pr&#233;c&#233;dents rapports, des doutes &#034;climato-sceptiques&#034; se font actuellement entendre dans la presse. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'un des arguments les plus fr&#233;quemment repris est que, contrairement au discours du GIEC : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; c'est une hausse des temp&#233;ratures qui engendre une hausse de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://centrale-energie.fr/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://centrale-energie.fr/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Gestion &#233;conomique et environnementale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le GIEC vient de publier son 5&#232;me rapport et celui-ci confirme la r&#233;alit&#233; du r&#233;chauffement climatique, et &#233;value la probabilit&#233; de son origine anthropique &#224; 95% (contre 90 % dans le 4&#232;me rapport).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'occasion de tous les pr&#233;c&#233;dents rapports, des doutes &#034;climato-sceptiques&#034; se font actuellement entendre dans la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des arguments les plus fr&#233;quemment repris est que, contrairement au discours du GIEC :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; c'est une hausse des temp&#233;ratures qui engendre une hausse de la concentration en CO2 (le principal des gaz &#224; effet de serre) dans l'atmosph&#232;re et non l'inverse. &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, cette affirmation est pour moiti&#233; &lt;strong&gt;VRAIE&lt;/strong&gt; et... pour moiti&#233; &lt;strong&gt;FAUSSE&lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moiti&#233;&lt;strong&gt; VRAIE&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures r&#233;alis&#233;es &#224; partir des carottes glaciaires confirment en effet que depuis 800 000 ans une hausse des temp&#233;ratures a historiquement engendr&#233; une hausse de la concentration en CO2 lors des p&#233;riodes de d&#233;glaciation. De m&#234;me, lors des p&#233;riodes de glaciation, c'est la diminution des temp&#233;ratures qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la d&#233;croissance du taux de CO2. Le m&#233;canisme est le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cycles de Milankovitch d&#233;crivent comment les influences combin&#233;es des autres plan&#232;tes du syst&#232;me solaire modifient le mouvement de la Terre autour du soleil de plusieurs fa&#231;ons : pr&#233;cession des &#233;quinoxes, inclinaison variable de l'axe de rotation terrestre par rapport au plan de l'&#233;cliptique, excentricit&#233; de l'orbite terrestre autour du soleil. Ces variations seraient neutres sur une plan&#232;te compl&#232;tement sym&#233;trique : ce qui se passe au nord serait compens&#233; par ce qui se passe au sud ou par ce qui se passe 6 mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Terre n'est pas sym&#233;trique : vers le parall&#232;le 60, il y a majoritairement de la terre au nord et de l'oc&#233;an au sud. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment dans ces latitudes qu'il y a de la neige en hiver et pas en &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riodiquement, environ tous les 100 000 ans, l'h&#233;misph&#232;re nord est moins expos&#233; au soleil au printemps, au moment o&#249; la neige devrait fondre. Durant ces phases, la surface de neige va donc augmenter, augmentant l'alb&#233;do (les couleurs claires r&#233;fl&#233;chissant les rayons solaires), ce qui va r&#233;duire la quantit&#233; de chaleur solaire re&#231;ue et ainsi renforcer le refroidissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne sym&#233;trique, dans l'h&#233;misph&#232;re sud, n'a pas de cons&#233;quence car il n'y a pas de neige &#224; ces latitudes, et pour cause : on est en plein oc&#233;an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, durant les phases des cycles de Milankovitch o&#249; l'h&#233;misph&#232;re nord re&#231;oit plus de chaleur au printemps, celle-ci fait fondre la neige ce qui r&#233;duit l'alb&#233;do et amplifie le r&#233;chauffement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce ph&#233;nom&#232;ne qui est le moteur des glaciations et des d&#233;glaciations au cours du dernier million d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observe que les variations de temp&#233;rature ont un impact sur la concentration en CO2. Ce m&#233;canisme est bien connu : un oc&#233;an froid contient plus de CO2 qu'un oc&#233;an chaud (tout comme une bouteille de champagne dont la pression est de 2 bars de plus si elle est chambr&#233;e), et la v&#233;g&#233;tation joue &#233;galement un r&#244;le. Le temps de r&#233;ponse est d'environ 800 ans. Ainsi, d'une glaciation &#224; la d&#233;glaciation suivante, la teneur en CO2 de l'atmosph&#232;re a vari&#233; de 180 ppm (parties par million, ou cm3/m3) &#224; 300 ppm, et ceci jusqu'&#224; l'&#232;re pr&#233;industrielle (nous &#233;tions &#224; 280 ppm au d&#233;but XIXe si&#232;cle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc vrai que la temp&#233;rature a un impact sur le CO2 et que c'est elle qui a vari&#233; en premier lors des glaciations et des d&#233;glaciations du dernier million d'ann&#233;es (graphique n&#176;1).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://centrale-energie.fr/IMG/jpg/graphique_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/IMG/jpg/graphique_1.jpg?1768602421' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Graphique n&#176;1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les points repr&#233;sentent en abscisses la concentration en CO2 en ppm et en ordonn&#233;es la variation de temp&#233;rature en Antarctique en degr&#233;s Celsius par rapport &#224; aujourd'hui sur les derniers 650 000 ans. On note la corr&#233;lation entre la concentration en CO2 et la temp&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bleu : les p&#233;riodes de refroidissement, et en rouge les p&#233;riodes de r&#233;chauffement. On observe que les points bleus sont en dessous de la droite de r&#233;gression lin&#233;aire alors que les points rouges sont au-dessus. Ceci illustre le d&#233;phasage (la temp&#233;rature est en avance de phase).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota : en Antarctique, les variations de temp&#233;rature ont une amplitude &#224; peu pr&#232;s deux fois plus grande qu'en moyenne sur Terre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait que ce ph&#233;nom&#232;ne existe ne veut pas dire que le ph&#233;nom&#232;ne inverse n'existe pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moiti&#233;&lt;strong&gt; FAUSSE&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le ph&#233;nom&#232;ne inverse existe bien. L'effet de serre est connu et a &#233;t&#233; d&#233;crit depuis plus d'un si&#232;cle. L'effet de serre engendre imm&#233;diatement un for&#231;age radiatif, la hausse des temp&#233;ratures n'&#233;tant compl&#232;tement atteinte qu'apr&#232;s une p&#233;riode comprise entre 50 et 100 ans, compte tenu de l'inertie des oc&#233;ans (le for&#231;age radiatif correspond au d&#233;s&#233;quilibre entre l'&#233;nergie re&#231;ue du soleil et l'&#233;nergie infrarouge r&#233;&#233;mise vers l'espace, une partie de cette derni&#232;re &#233;tant renvoy&#233;e par les gaz &#224; effet de serre, les GES, vers la terre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce for&#231;age radiatif a &#233;t&#233; calcul&#233; pr&#233;cis&#233;ment dans le rapport du GIEC. Il serait aujourd'hui sup&#233;rieur &#224; 2,2 W/m&#178;, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; estim&#233; &#224; environ 1,7 W/m&#178; en 2007 (dans le 4&#232;me rapport du GIEC), environ 1,2 W/m&#178; en 1980 et environ 0,5 W/m&#178; en 1950 (graphique n&#176;2).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/IMG/jpg/flash_7_graphique_2.jpg?1768602425' width='500' height='187' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Graphique n&#176;2&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, la concentration en CO2 de l'atmosph&#232;re a fortement augment&#233; depuis le d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle et notamment depuis 1950 (elle est actuellement de plus de 390 ppm, valeur in&#233;gal&#233;e depuis plus de 800 000 ans), et continue &#224; cro&#238;tre r&#233;guli&#232;rement. L'origine est clairement anthropique : on peut calculer que la concentration actuelle correspond aux &#233;missions humaines li&#233;es &#224; la production d'&#233;nergie depuis 150 ans et &#224; la d&#233;forestation, desquelles il convient de d&#233;duire l'effet des &#034;puits naturels&#034; (oc&#233;ans, v&#233;g&#233;tation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le graphique n&#176;1 ci-dessus, on constate claire-ment que le niveau de CO2 observ&#233; aujourd'hui (Point &#224; pr&#232;s de 400 ppm) est in&#233;dit et surtout amorce une hausse des temp&#233;ratures dont la caract&#233;ristique est d'&#234;tre tr&#232;s rapide, comme on le constate sur le graphique 3 ci-apr&#232;s, et ceci sans commune mesure avec l'&#233;chelle de temps des glaciations et d&#233;glaciations, se chiffrant en dizaine de milliers d'ann&#233;es. L'ordre des causes et des effets est diff&#233;rent aujourd'hui de celui constat&#233; entre les p&#233;riodes glaciaires et interglaciaires. C'est bien la preuve que ce ne sont pas les cycles de Milankovitch qui sont &#224; l'&#339;uvre et que nous sommes face &#224; un autre ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres objections font remarquer que la temp&#233;rature n'a pas augment&#233; imm&#233;diatement depuis que l'homme &#233;met du CO2. En r&#233;alit&#233; le r&#233;chauffement est notable depuis 1900 (graphique n&#176;3),&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://centrale-energie.fr/IMG/jpg/graphique_3.jpg?1768602425' width='500' height='475' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;graphique n&#176;3&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;mais une pause est constat&#233;e entre 1950 et 1970. Concernant cette pause, l'hypoth&#232;se actuelle est que la p&#233;riode des trente glorieuses a &#233;t&#233; marqu&#233;e par de fortes &#233;missions de particules occultantes, qui ont r&#233;duit le pouvoir de r&#233;chauffement solaire (au prix d'une certaine pollution &#233;videmment). De plus il faut savoir que compte tenu des nombreuses causes de variation naturelle du climat, il est pr&#233;f&#233;rable de raisonner sur des p&#233;riodes de 30 ans. Ce dernier point explique aussi pourquoi il faut prendre du recul par rapport &#224; la nouvelle relative pause observ&#233;e depuis la fin des an-n&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;En conclusion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, le r&#233;chauffement actuel est av&#233;r&#233;, et son origine anthropique est quasi-certaine (estimation de 95% de probabilit&#233; dans le dernier rapport du GIEC). Ceci dit, compte tenu de l'inertie du syst&#232;me plan&#233;taire, le r&#233;chauffement provoqu&#233; par le CO2 anthropique n'a probablement pas encore atteint son maximum et des questions restent ouvertes : quelle hausse au final, et dans combien de temps, les &#233;missions de CO2 continuant &#224; augmenter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez &#233;galement cet article dans le &lt;a href=&#034;http://www.centrale-energie.fr/spip/IMG/pdf/CE-Flash_37-dec_13.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Flash n&#176;37&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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